Critique : « Notre Dame de Paris » à la Salle Wilfrid-Pelletier de Montréal

Alors qu’elle est attendue de pied ferme en 2023 au Palais des Congrès de Paris pour souligner les 25 ans de sa création, la comédie musicale Notre Dame de Paris est actuellement en tournée au Québec pour une série de dates. Une occasion en or de voir ou de revoir ce spectacle désormais culte dans sa nouvelle mouture. Cerise sur le gâteau : deux artistes de la distribution originale nous gâtent de leur présence.

Notre Dame de Paris, un spectacle usé à la corde ? Attendez de le voir sur scène. C’est là qu’il déploie tout son génie. Ses chansons, qui sont devenues des tubes instantanés, se redécouvrent alors comme si c’était la première fois. N’est-ce pas le secret d’une œuvre indémodable ? Qu’elle ait traversé ainsi les décennies pour être encore pertinente. Au fil du temps, Notre Dame de Paris a aussi su se réinventer pour se bonifier sans cesse. Autant les chorégraphies que la mise en scène ou les costumes ont été revus à la loupe à chaque production. Des allègements ou des changements qui ont permis de dépoussiérer l’œuvre adaptée du célèbre roman de Victor Hugo dont les thèmes demeurent d’actualité.

des tableaux grandioses

Quatre ans après son dernier passage à Montréal, c’est donc une version encore rafraichie que l’on se plait à découvrir. Rien n’y est secondaire, mais toujours partie prenante de la performance. Car Notre Dame de Paris n’est pas que son noyau d’artistes qui entonne les airs chéris du public. Les dizaines de danseurs, acrobates et breakers ont tout aussi leur importance. Omniprésents dans la majorité des tableaux, c’est eux les sans-papiers, la foule anonyme qui supplie Notre-Dame. Ils se métamorphosent également en condamnés, en policiers, en prêtres, alternant les costumes et les rôles. Et ils sont fantastiques. Réglés au quart de tour, leurs mouvements et leurs chorégraphies suivent la partition haletante de Cocciante sans relâche. Ils sont tantôt accrochés aux pierres de la cathédrale, tantôt suspendus aux cloches. Chaque fois, ils nous en mettent plein la vue avec leurs pirouettes périlleuses.

Notre Dame de Paris Montréal 2022

Le grand retour de Bruno Pelletier

Cette nouvelle tournée marque également le grand retour de Bruno Pelletier dans le rôle de Gringoire pour quelques représentations exclusives. L’artiste québécois nous fait le cadeau d’enfiler à nouveau les habits du poète des rues, 22 ans après les avoir remisés. Et la foule le lui rend bien. Dès son entrée en scène, avant même d’entonner l’emblématique « Temps des Cathédrales », elle l’acclame chaleureusement. Puis, à la seconde où le chanteur de 60 ans termine sa première performance, elle s’emballe encore davantage. Rares sont les fois où les applaudissements, cris et sifflements ont autant résonné dans une salle Wilfrid-Pelletier pleine à craquer. C’est que Bruno Pelletier a cette présence et ce charisme incomparables. Il incarne Gringoire avec toujours autant d’aisance et de justesse. Sa voix est du miel pour les oreilles, coulant si fluidement et avec une puissance désarmante.

Notre Dame de Paris Montréal 2022 Bruno Pelletier

Une troupe au diapason

Daniel Lavoie se joint également à ces retrouvailles, reprenant le rôle de l’archidiacre Frollo. L’artiste franco-manitobain avait lui aussi raccroché sa soutane pendant 18 ans avant de sortir de sa retraite pour jouer à nouveau ce personnage implacable depuis 2018. À 73 ans, il arrive encore à surprendre le public par son jeu, son coffre et sa voix incroyable. Chacun de ses moments sur scène est un pur délice.

Révélée dans la version italienne de « The Voice », la chanteuse albanaise Elhaida Dani livre pour sa part une prestation d’Esmeralda toute en finesse. Portés par une voix douce et suave, ses mouvements sensuels et son attitude rebelle siéent parfaitement son personnage de bohémienne. L’Italien Angelo Del Vecchio est toujours aussi investi dans le rôle de Quasimodo qu’il interprète dans diverses productions depuis 2011. Sa voix rauque et grave est comme une complainte déchirante tout au long de la pièce, jusqu’au bouleversant « Danse mon Esmeralda » qui conclut le spectacle en apothéose.

Tantôt Gringoire, tantôt Phoebus selon les dates, le versatile Gian Marco Schiaretti (Tarzan, Evita) a lui aussi brillé sous les traits du volage capitaine de la cavalerie du Roi. Il forme un duo convaincant avec la jeune Emma Lépine (Fleur-de-Lys). En Clopin, chef de la Cour des Miracles, Jay (Cindy) cristallise finalement avec éloquence le combat des exclus, porté par une voix soul qui prend aux tripes.

Appuyée par des jeux de lumière captivants et des décors minimalistes, mais efficaces, cette nouvelle version de Notre Dame de Paris a relevé un beau défi. Elle remet au goût du jour ce spectacle culte tout en restant fidèle à son essence première. L’attachement du public envers cette œuvre phare du talentueux tandem Plamondon/Cocciante n’en est que décuplé !

Crédit photo : Courtoisie

Notre Dame de Paris
Nathalie Katinakis

Nathalie Katinakis

Bercée par les tubes de "Starmania" durant l'enfance, c'est "Cats" qui me donne la piqûre pour de bon quand je me plonge enfin dans son univers en 2010. Dans la foulée, je découvre le West End et rejoins l'équipe de Musical Avenue dès 2011, couvrant les spectacles montréalais depuis le Québec où je réside. FB/IG:@uneportesurdeuxcontinents
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