Critique : "Signé César" au Théo Théâtre

Une fois n’est pas coutume, nous avons eu envie de mettre à l’honneur une pièce de théâtre non musicale à proprement dit, mais dont l’auteur et metteur en scène n’est autre que Thomas Bernier, un habitué des spectacles musicaux de ces dernières années. Retour sur un moment de théâtre drôle et émouvant.

A tout juste 27 ans, celui que nous avons pu voir dans beaucoup de succès récents (Grease ; Mistinguett ; Le Tour du Monde en 80 jours) s’est décidé à prendre le costume d’auteur et metteur en scène. Et ce n’est pas un hasard pour ce jeune homme pour qui tout a commencé par l’écriture d’un spectacle de danse il y a quelques années de cela. Des semaines de confinement, une rencontre amicale et une bonne dose de confiance plus tard, nous le retrouvons à cette place qu’il convoite secrètement. Et nous n’allons pas nous en plaindre car pour une première proposition, le rendez-vous est tenu.

Depuis le 16 octobre dernier, le Théo Théâtre accueille Signé César, une pièce faisant le récit d’une famille au cœur des années 70 un jour pas comme les autres, celui du lendemain de la mort d’Elvis. C’est aussi celui de l’anniversaire de Nina qui, pour ses 24 ans, est plus anxieuse que jamais. Autour d’elle il y a Mandoline, la meilleure amie rigolote et seule à être dans la confidence, la maman hippie et fofolle et le frère musicien tout en réserve et timidité. Et puis il y a César, son correspondant avec lequel elle échange des lettres depuis 10 ans sans s’être rencontrés. Pendant que tout ce petit monde s’agite, quelqu’un frappe à la porte… S’agit-il de César?

Sur le papier, l’histoire est déjà bien alléchante : comment se passera la première rencontre Nina/César ? Bien évidemment, tout ceci n’est qu’un prétexte pour évoquer des sujets plus profonds comme la filiation, l’amour et le manque de communication entre les êtres chers. Et parce que la musique adoucit les mœurs, le King va aider tout cela.

Pour ce projet, Thomas Bernier est accompagné dans la mise en scène par Guillaume Beaujolais (La petite fille aux allumettes ; La mégère à peu près apprivoisée) dont l’exigence commune apporte de la qualité dans le rythme et les dialogues. C’est avec beaucoup de simplicité que les sujets sont évoqués laissant l’histoire monter crescendo doucement mais sûrement. Le revers de la médaille est peut-être de surfer sur certaines évidences trop poussées dans le récit et le jeu des artistes.

Les décors au son des années 70 sont bien utilisés et permettent des changements de lieux rapides malgré la taille réduite de la scène. Quant au choix des comédiens, il est assurément judicieux tant la complicité des jeux se fait sentir dès l’ouverture.

Léna Mée (La petite fille aux allumettes) interprète joliment Nina, se dévoilant au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue. Elle est accompagnée par la pétillante Floriane Ferreira (Sarah, la petite princesse) l’amie obsessionnelle et un tantinet possessive au nom de Mandoline. Face à ce duo féminin, Lucie Riedinger (La Famille Adams ; Les instants volés) joue brillamment une maman à l’image de l’exubérance des années 70 et totalement fan de son fils. Louis Buisset (Le grand voyage d’Annabelle ; Kid Manoir) campe avec justesse l’homme de la famille, frère de Nina et musicien dans l’âme. Enfin, Bastien Monier (Robin des Bois ; la légende ou presque) est le fameux César, tout en charme et en finesse.

Nous prenons beaucoup de plaisir à voir cette équipe évoluer ensemble et mettre leurs jeux au service de l’écriture. Si quelques longueurs sont présentes dans le récit retardant le dénouement (certains plus perspicaces que d’autres verront la fin venir), la qualité de l’ensemble n’en est pas moins présente.

Le nom de Thomas Bernier s’ajoute à la liste des jeunes artistes à suivre et dont on souligne le courage et la belle intention. Cette première proposition se doit d’être accompagnée de tous nos encouragements dans la poursuite de ses projets qui verront bientôt le jour.

Il ne vous reste plus qu’à réserver votre place par ici et replonger dans un temps où Elvis était le King.

Et pour le retrouver sur scène, rendez-vous au Théâtre du Châtelet avec les Frivolités Parisiennes dans Cole Porter in Paris.


Signé César

Du 16 octobre au 18 décembre 2021 au Théo Théâtre

Avec : Léna Mée ; Louis Buisset ; Lucie Riedinger; Florina Ferreira ; Bastien Monier

Mise en scène : Thomas Bernier ; Assistance Mise en Scène : Guillaume Beaujolais ;

Décors : Nadine et Patrick Bernier ; Compagnie : A l’Encre du Bateleur

Eve-Marie Leroy

Eve-Marie Leroy

Enfant d’une mère passionnée de films musicaux et d’un père amateur de jazz et d’opéra, je ne pouvais que tomber dans la marmite des comédies musicales. Cela fait 30 ans que Mary Poppins est entrée dans ma vie et depuis, je jongle entre les classiques de Broadway mêlant claquettes et chapeaux haut de forme et les propositions plus avant-gardistes. Grande admiratrice d’Andrew Lloyd Webber dans un corps de Responsable Ressources Humaines, MusicalAvenue est l’occasion pour moi d’intégrer une troupe de passionnés de cette belle discipline qu’est le Musical
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