Critique: « Charlie and the Chocolate Factory » au Theatre Royal Drury Lane de Londres

Basé sur le livre pour enfants de Roald Dahl datant de 1964, Charlie and the Chocolate Factory joue sur les planches du West End depuis l’été 2013, remportant un franc succès qui lui a même valu quelques prix aux derniers Oliver Awards. Un spectacle amusant et coloré qui réinvente bien l’univers singulier du roman, malgré les défis de la scène.

Adaptée deux fois à l’écran en 1971 puis plus récemment en 2005, l’histoire de Charlie and the Chocolate Factory n’a, semble-t-il, pas cessée d’inspirer les créateurs. Du livre aux films, c’est maintenant dans un spectacle musical ingénieux mis en scène par Sam Mendes (Skyfall) qu’il est possible de redécouvrir les déboires du jeune Charlie Bucket, l’un des cinq chanceux à avoir trouvé un ticket d’or lui donnant accès à la mystérieuse chocolaterie de Willy Wonka.

Dans la première partie de la pièce, on découvre la vie du garçon au sein de sa famille qui a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Charlie fait donc tout ce qu’il peut pour égayer le quotidien de ses parents et grands-parents, jusqu’au jour où il entend parler d’un concours lui permettant de gagner à vie un festin de sucreries. Ce premier acte met en place les personnages, particulièrement Charlie (Troy Tipple – campé alternativement par 3 autres garçons) qui fait preuve d’un très grand naturel et professionnalisme pour son jeune âge, et le loufoque Grandpa Joe (Nigel Planer; Wicked).

L’un des points forts de ce spectacle est justement d’opposer les tranches d’âges avec des enfants très talentueux de moins de 10 ans d’un côté et des interprètes expérimentés de l’autre. Les chorégraphies des grands-parents, cloués au lit, sont à ce sujet cocasses et bien pensées, et quel plaisir de les voir se lever au bout d’un moment lorsqu’ils prennent confiance en l’opportunité qui s’offre à leur petit-fils.

Mais le point tournant de la pièce et qui la rend véritablement captivante est bel et bien l’entrée dans la chocolaterie et la découverte de ses salles, plus bizarres les unes que les autres, dans le deuxième acte. Ce moment coïncide d’ailleurs avec l’introduction de l’attraction principale du spectacle : l’excentrique Willy Wonka, interprété par le très charismatique Douglas Hodge (La Cage Aux Folles) – depuis peu remplacé par Alex Jennings (Measure for Measure).

C’est aussi dans cette seconde partie que l’on peut se rendre compte des prouesses techniques et effets spéciaux donnant vie à l’univers de Dahl. Autant dans les décors, costumes et éclairages, on se croirait vraiment au cœur de cette grande usine; chacune des salles ayant son propre imaginaire avec des machines incroyables où travaillent les étranges Oompa-Loompas en salopettes pour produire des friandises aussi saugrenues que leur créateur. De surprise en surprise, on y découvre même l’insolite salle des noix où des écureuils robotisés ont la tâche de faire le tri.

À la fois sinistre, austère et complètement déjanté, Hodge est le fil conducteur de la visite, dans la peau d’un Willy Wonka fidèle aux écrits de Dahl avec son chapeau noir haut de forme et ses pantalons verts. C’est aussi lui qui livre assurément la meilleure performance musicale du spectacle avec "Pure Imagination" (morceau composé initialement par Newley et Bricusse pour le film de 1971), nous permettant de mieux saisir la profondeur de son personnage, parfois éclipsée par son penchant fantaisiste et son humour noir.

Au fur et à mesure de la visite alors que les autres capricieux concurrents sont tour à tour éliminés, on ne perd cependant pas de vue la quête du jeune Charlie; ce sombre conte reposant avant tout sur une morale où la vertu est triomphante, aux côtés de la magie, bien sûr !

Crédits photo: Johan Persson (1) Helen Maybanks (2, 3 et 4).


Charlie and the Chocolate Factory de David Greig (livret), Scott Wittman et Marc Shaiman (paroles et musique), d’après l’oeuvre de Roald Dahl

Theatre Royal, Drury Lane, Catherine Street, Londres

Mise en scène: Sam Mendes ; Chorégraphies: Peter Darling ; Décors et costumes: Mark Thompson ; Direction musicale: Nicholas Skilbeck

Avec: Douglas Hodge, Troy Tipple, Clive Carter, Jasna Ivir, Paul J. Medford, Iris Roberts, Billy Boyle, Alex Clatworthy, Roni Page, Myra Sands, Jack Shalloo et Nigel Planer

Nathalie Katinakis

Nathalie Katinakis

Bercée par les tubes de "Starmania" durant l'enfance, c'est "Cats" qui me donne la piqûre pour de bon quand je me plonge enfin dans son univers en 2010. Dans la foulée, je découvre le West End et rejoins l'équipe de Musical Avenue dès 2011, couvrant les spectacles montréalais depuis le Québec où je réside. FB/IG:@uneportesurdeuxcontinents
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