Playlist du mois de janvier : “Money makes the world go round”

Musical Avenue est certes une association et nous sommes là pour l’amour de l’art et de l’écriture, mais il nous arrive d’être un peu cupides sur les bords. Comme vous le prouve cette playlist sur le thème de l’argent.

Le mois de janvier n’est jamais évident. L’agitation des fêtes est retombée, le retour au travail peut être assez brutal, on essaye de tenir tant bien que mal ses bonnes résolutions (avant d’échouer et de culpabiliser) et en plus de ça, le compte en banque fait la tête… Oui c’est très bien d’être généreux.ses sur les cadeaux de Noël mais ça se paie au bout d’un moment (littéralement). Du coup, pour se donner l’impression d’être un peu plus riche, on vous a préparé une playlist sur le thème de l’argent. Une sélection de chansons 100 % capitaliste, à écouter dans une baignoire remplie de billets de Monopoly.

Le choix de Chloé : « If I Were A Rich Man », Fiddler on the Roof

Cet extrait d’Un Violon sur le toit est sûrement l’un des solos masculins les plus iconiques du répertoire. Une chanson parfaite pour un interprète voulant exprimer son potentiel comique. Une chanson qui rend le personnage de Tevye extrêmement attachant, car on s’est tou.te.s exclamé.e ces paroles en regardant notre compte en banque. Une chanson qui donne envie d’agiter ses bras en l’air en fredonnant « Ya ba dibba dibba dibba dibba dibba dibba dum ». Et oui, c’est bien cette chanson qui a inspiré le tube de Gwen Stefani.

Le choix de Stephany : « The Money Song », Avenue Q

Avenue Q est une comédie musicale riche en enseignements : le racisme c’est mal, le porno c’est bien et la vie c’est dure. Oui, même pour les marionnettes. Malgré leur visage pelucheux, ces petites créatures ont des rêves et des galères. Bref, elles ont besoin d’argent. Cette chanson peut également s’appliquer à vos ami.e.s artistes qui envahissent votre fil Facebook avec leur cagnotte Ulule/Kiss Kiss Bang Bang/autres plateformes du genre. Mais blague à part, soutenez-les si vous le pouvez. C’est bon pour le karma.

Le choix de Romain : « More », Dick Tracy

Dans Crazy For You, Ruthie Henshall chantait « I got rhythm, I got music, I got my man, who could ask for anything more ». Force est de constater que quelques années plus tard, cette grande interprète est devenue plus vénale (elle a joué dans Chicago entre-temps, ceci explique peut-être cela). Fini la vie de bohème en compagnie de l’amour et de l’eau tiède. Elle veut maintenant une vie de diamants et de boas à plumes roses. En vrai, on la comprend.

Le choix de Nathalie : « The Lady’s Paying », Sunset Boulevard

On a souvent critiqué la différence d’âge entre Norma et Joe dans Sunset Boulevard (alors que celle entre le Fantôme et Christine ne dérange personne, passons…), mais d’un côté Joe a de la chance. Il s’est trouvé une « sugar mommy » qui est prête à lui payer tout ce dont il a envie. Pour son anniversaire, il a le droit à une petite virée shopping tous frais payés, et il peut aussi profiter de la piscine. Que demander de plus ? (Bon la suite du spectacle nous apprend qu’il ne profitera pas tellement de la piscine, mais c’est un détail.)

Le choix de Thomas : « Money To Burn », Half A Sixpence

Avec un titre pareil, on se doute que ce spectacle ne va pas parler d’amour et d’eau fraîche. Cette comédie musicale britannique de 1963 aurait pu rapidement tomber dans l’oubli, mais c’est sans compter sur Cameron Mackintosh qui s’est emparé de l’œuvre pour en produire une nouvelle version largement réécrite par l’équipe derrière Mary Poppins. De nouvelles chansons, dont celle-ci, ont été ajoutées et le public comme la critique se sont régalé.e.s devant ce spectacle so british et la terre entière est tombée sous le charme du jeune Charlie Stemp.

Le choix de Philémon : « You’ve Got to Pick a Pocket or Two », Oliver !

Certain.e.s demandent de l’argent, d’autres préfèrent le prendre directement. Et puis il y a Fagin qui apprend à des orphelins à voler pour lui. Il leur interprète une petite chanson pédagogique très charmante. Il passe presque pour un gentil vieillard. Presque. Car clairement, ce n’est pas un exemple à suivre. Mais vraiment pas. Si ça vous donne des idées sachez qu’on ne témoignera pas en votre faveur si vous finissez au tribunal. Vous voilà prévenu.e.s.

Le choix de Fabrice : « 96 000 », In The Heights

In The Heights est connu (et reconnu) pour ses grandes valeurs humaines et son esprit de communauté, mais on oublie un peu vite que l’élément déclencheur de cette comédie musicale est un ticket gagnant à la loterie. Donc oui, tout le monde s’aime et c’est très beau, mais le capitalisme n’est jamais bien loin dans cette œuvre. La preuve en est avec ce grand numéro où tout le monde rêve à ce qu’il/elle pourrait faire avec autant d’argent. Mention spéciale à la belle Vanessa qui annonce dans le plus grand des calmes : « si je gagne au loto vous ne me verrez plus jamais ». C’est trop aimable Vanessa…

Le choix de Gaby : « The Money Keeps Rolling In », Evita

Tout le monde n’a pas les mêmes problèmes face à l’argent. Eva Péron, jouissant de son statut de femme de dictateur, est si riche qu’elle ne sait pas quoi faire de sa fortune. Heureusement, elle décide d’investir dans les bonnes œuvres et tout le peuple argentin chante ici ses louanges dans un air très entraînant (oui vous allez chanter « Rollin’ rollin’ rollin’ rolliiiin’ » toute la journée, ne nous remerciez pas). Antonio Banderas semble soupçonner du blanchiment d’argent dans l’histoire mais personne n’a vraiment l’air de l’écouter. Tout le monde est trop occupé.e à le regarder danser tout en mouillant sa chemise. On ne va pas les blâmer.

Le choix d’Eve-Marie : « Feed The Birds », Mary Poppins

C’est toujours plaisant de voir des grands numéros entraînants où les interprètes croulent sous une pluie de billets et de petites pièces, mais on a parfois envie de se détourner de ces images mercantiles et de se consacrer aux petites choses essentielles. Comme les enfants Banks qui décident de fuir la banque de leur brave papa pour faire don de leurs économies à la gentille dame aux oiseaux (ce n’est pas qu’on manque de respect à ce personnage, c’est vraiment son nom dans la pièce). Un joli moment de douceur et une belle leçon.

Le choix de Florian : « Money », Cabaret

Que faire dans un cabaret berlinois en pleine crise économique et à l’aube du Troisième Reich ? Chanter à propos de l’argent qu’on a pas ! Cette truculente chanson a été écrite spécialement pour le film (en remplacement de « The Money Song » qui est également très écoutable) en partie pour donner à Liza Minnelli plus de matière à chanter que dans l'œuvre d’origine. Mais on ne boude pas son plaisir en la voyant fricoter avec l’indéboulonnable Joel Grey, tou.te.s deux remplissant leurs sous-vêtements de pièces de monnaie.

Le choix de Margot : « Brother Can You Spare Me A Dime », Americana

Les périodes de crise inspirent les chansons sur l’argent visiblement. En 1932, ce titre issu de la revue Americana devient le tube de l’année. Dans cette complainte, un homme pleure ses rêves de réussite stoppés nets par la Grande Dépression. Bing Crosby s’est emparé de ce morceau pour en faire le succès qu’il est aujourd’hui, mais on ne résiste pas à l’interprétation poignante et sensuelle du regretté George Michael.

Le choix de Luc : « The Money Tree », The Act

Liza Minnelli est décidément une femme bien vénale. Dans cette comédie musicale, entièrement écrite pour la mettre en valeur, elle clôt le premier acte avec cette belle ballade où elle rêve d’un arbre fait d’argent. Comme nous tou.te.s Liza, comme nous tou.te.s. Si The Act est tombé aux oubliettes aujourd’hui, ce spectacle, mis en scène par Martin Scorsese, a beaucoup fait parler de lui en son temps. Outre tous les déboires de production, cette comédie musicale était à l’époque la plus coûteuse pour les spectateur.rice.s. Le prix des billets pouvait monter jusqu’à… 25 dollars ! (Alors qu’aujourd’hui vous pouvez voir The Music Man pour la modique somme de 450 dollars. Autre temps autres mœurs...)

Le choix de Ségolène : « We’re in the Money », 42nd Street

42nd Street n’est pas un spectacle qui fait dans la subtilité. Tout est énorme, du nombre d’artistes dans la distribution à la taille des décors en passant par le nombre indécent de grands numéros d’ensemble. On n’ose imaginer les coûts de production… C’est donc logique que l’un des tableaux les plus emblématiques de cette comédie musicale soit celui-ci, où toute la troupe est vêtue d’habits dorés et danse sur des gigantesques pièces de monnaie. (Et voici encore une chanson qui vous restera longtemps en tête).

Le choix de la rédaction : « Money Money Money », Mamma Mia !

Pour finir en beauté, et pour se donner un peu de baume au cœur au milieu de cette grisaille, imaginez-vous sur un yacht, un cocktail dans une main, pendant que Meryl Streep vous chante du ABBA juste à côté. Ça ne résoudra aucun de vos soucis potentiels, mais ça vous fera tellement de bien sur l’instant.

Et vous, quelle est votre chanson préférée sur le thème de l’argent ?

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