Playlist du mois de février : "Feed Me"

Vous n’avez personne avec qui fêter la Saint-Valentin ? Ou vous en avez tout simplement marre de cette fête commerciale ringarde ? À vos couverts et assiettes, promis on ne parlera (presque) pas d’amour ce mois-ci, mais de nourriture ! (Ce qui est plus ou moins la même chose).

Caramels, bonbons et chocolats… Si Dalida n’en veut pas, on les récupère volontiers. Cette année nous n’allons pas tomber dans le cliché en vous offrant une playlist de Saint-Valentin pleine de bons sentiments (même si on avait pris beaucoup de plaisir à la faire). Nous avons décidé de nous concentrer sur une valeur essentielle et vitale : la nourriture. Qui a besoin d’amour quand on a un frigo et des placards remplis de denrées plus alléchantes les unes que les autres ? La nourriture peut décevoir parfois, faire souffrir même, tout comme l’amour, mais elle reste quand même bien plus facile à trouver et apporte beaucoup de réconfort. Pas étonnant qu’elle inspire autant les auteur.rice.s de comédies musicales ! La preuve ci-dessous.

Le choix de Thomas : « Something Rotten ! / Make an Omelette », Something Rotten !

Quand on pense à une chanson sur la nourriture, on pense immédiatement à Something Rotten ! et sa fausse comédie musicale Omelette (en lieu et place de Hamlet. Oui vous avez bien lu). Un grand numéro mêlant ainsi des références aux plus grandes comédies musicales (Gypsy, Dreamgirls, The Music Man, et bien d’autres encore) et des blagues culinaires. Nos deux passions réunies.

Le choix de Ségolène : « I Can Cook Too », On The Town

L’adage raconte que pour gagner le coeur d’un homme (ou d’une femme, évitons les stéréotypes de genre) il faut passer par son estomac. Cette leçon, Hildy, la conductrice de taxi d’On The Town, l’a bien apprise. Alors quand elle reçoit un jeune marin en permission pour un premier rendez-vous, elle ne manque pas de faire étalage de ses talents culinaires (et uniquement culinaires, on vous voit venir). Cette version est particulièrement irrésistible. Vous imaginiez Boo d’Orange is the New Black faire du rentre-dedans à Mitchell de Modern Family ? Non ? C’est pourtant ce qui se produisait à Broadway il y a une vingtaine d’années.

Le choix d’Eve-Marie : « Le vrai talent c’est de faire avec c’qu’on a », Pirates

Pas facile de préparer de bons petits plats en étant enfermé dans un bateau en pleine mer et qu’on a qu’un seul bras (et un demi chocolat du coup). Mais heureusement, quand on a pas de ressources on a des idées et ce cher chef cuisinier n’en manque pas. Avec les moyens du bord il se plaît à réaliser de grands plats gastronomiques, au risque de provoquer une indigestion collective. Appétissant non ?

Le choix de Fabrice : « Les Poissons », The Little Mermaid

Dans le registre « cuisinier haut en couleurs dans une comédie musicale maritime » (oui, on est sur une niche), le chef Louis dans La Petite Sirène est pas mal non plus. On passera néanmoins sous silence l’accent français douteux et la surabondance de « hon hon hon » et « sacrebleu » ainsi que les crabes dansant (ils vont finir ébouillantés de toute façon). John Stamos semble en tous cas s’en donner à coeur joie. Le dentiste sexy de Glee a bien changé.

Le choix de Nathalie : « Endless Appetite », Tanz Der Vampire

Le pauvre Comte Von Krolock semble bien malheureux dans cette longue lamentation, ressassant sa frustration et sa culpabilité face à son appétit inépuisable après avoir vidé de leur sang un nombre incalculable de jeunes vierges… C’est comme quand on a encore faim après avoir mangé pour dix. Donc même si on juge sa folie meurtrière, on le comprend un peu. Surtout quand il a la voix du regretté Steve Barton et qu’il nous chante une belle sérénade pendant sept minutes.

Le choix de Chloé : « Feed Me », Little Shop of Horrors

Pour le coup, cette créature assoiffée de sang ne montre aucun remords. Bien consciente de sa place dans la chaîne alimentaire, Audrey II n’a aucun scrupule quand il est question de son alimentation. Cette plante en plastique ne reculera devant rien pour avoir sa dose quotidienne de sang, allant jusqu’à faire du chantage affectif au pauvre Seymour qui l’a gentiment recueillie et nourrie. Quelle ingrate ! La prochaine fois Seymour, achète-toi un cactus.

Le choix de Philémon : « Hello Little Girl », Into the Woods

Autre créature de légende carnivore et affamée, voici le Grand Méchant Loup. Pour son grand numéro de chasse, Stephen Sondheim lui a concocté une véritable chanson de charme pour envoûter sa future proie innocente et mieux la dévorer. Une scène de harcèlement de forêt assez glaçante où on se sent presque coupable de la trouver drôle. (Entre Le Bal des Vampires, La Petite Boutique des Horreurs et maintenant Into the Woods, vous allez finir par croire que les chroniqueur.euse.s de Musical Avenue se nourrissent de viande humaine…)

Le choix de Luc : « The Worst Pies in London », Sweeney Todd

Au point où on en est, continuons sur notre lancée anthropophage avec Sweeney Todd. Véritable ode au cannibalisme. Mais bon, quand les temps sont durs, que le prix de la viande augmente, que les tourtes que l’on vend sont infâmes et que le hasard fait que l’on héberge un tueur en série… L’idée de faire manger à ses client.e.s de la viande humaine ne paraît pas si incongrue que ça finalement. De toute façon c’était ça ou de la viande de chat. Le choix est vite fait.

Le choix de Stephany : « What Baking Can Do », Waitress

Passons à un autre type de tarte avec Waitress. Ce succès surprise des années 2010 a donné faim à tous les amateur.rice.s de comédies musicales (merci les diffuseurs d’odeur de tarte dans le théâtre). Qui n’a pas lancé l’album de ce spectacle pour accompagner ses séances de pâtisserie cathartique, afin d’envoyer valser tous ses problèmes dans un mélange de sucre, beurre et farine ? En plus d’augmenter notre taux de cholestérol, cette œuvre ajoute au répertoire un de ses plus beaux rôles féminins que de nombreuses comédiennes ont déjà eu la chance d’interpréter. Comme ici Katharine McPhee prouvant ainsi qu’il y a une vie après Smash !

Le choix de Gaby : « Recette du Cake d’amour », Peau d’âne

La pâtisserie est visiblement le remède à tous les maux. Quand le prince de Peau d’âne se trouve mal, il envoie toute une garnison demander à une inconnue aperçue dans la forêt de lui faire un gâteau. Notre chère princesse en cavale s’exécute et se lance dans une recette on ne peut plus basique et aux proportions très approximatives (heureusement Marmiton est un peu plus précis à ce sujet). Celles et ceux qui ont tenté de réaliser ce dessert savent que le résultat est sec et sans saveur, mais ça n’a pas empêché le prince de l’épouser en remerciement. L’histoire ne nous dit pas qu’il avait perdu le goût et était sûrement positif au COVID…

Le choix de Romain : « Vanilla Ice Cream », She Loves Me

Offrir un dessert semble être la technique de drague préférée des personnages de comédie musicale. Dans She Loves Me, Amalia commence à tomber sous le charme de Georg, après s’être disputée avec lui pendant tout le premier acte, lorsque ce dernier lui apporte un pot de glace à la vanille (il n’était pas très inspiré dans le choix du parfum). On doute que cette tactique soit efficace dans la vraie vie, mais une chose est sûre, Laura Benanti est magnifique, même en train de manger de la glace, en pyjama, au fond de son lit. (Et on veut nous faire croire qu’elle s’est réveillée comme ça…)

Le choix de Margot : « The Candy Man Can », Willy Wonka and the Chocolate Factory

Vous l’aurez remarqué, les auteur.rice.s de comédie musicale ont la dent sucrée (ce qui est quand même plus acceptable que le cannibalisme, on vous l’accorde). On ne pouvait donc décemment pas passer à côté de Willy Wonka and the Chocolate Factory, ce film délicieusement kitsch et acidulé dont l’adaptation scénique triomphe actuellement à Paris. Cette ode au maître confiseur donne directement le ton et on sent les caries venir rien qu’en regardant cet extrait ! (Et on se demande comment ce brave marchand de bonbons fait pour ne pas fermer boutique s’il ne cesse de donner gratuitement des friandises aux enfants…)

Le choix de Florian : « Coffee Break », How to Succeed in Business without Really Trying

Après un bon repas, rien de tel qu’un petit café pour digérer. Mais attention, comme l’alcool, le café est une boisson à consommer avec modération. Sinon vous risquez de développer une addiction à ce breuvage énergisant, au point d’en devenir insupportable avec vos collègues et ami.e.s et de vous lancer dans une chorégraphie alambiquée en plein milieu d’un open-space des années 60. On vous aura prévenu.

Le choix de la rédaction : « Corn Puddin’ », Schmigadoon!

Cette série qui a illuminé notre été avec ses parodies de comédies musicales de l’âge d’or a bien évidemment une chanson parlant d’une spécialité locale. Ce n’est en aucun cas une métaphore pour parler d’un sujet plus profond ou pour parler d’un personnage. Non, juste une chanson brillamment stupide sur une bouillie au maïs. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bon appétit.

Et vous, quelle chanson de comédie musicale vous ouvre l’appétit ?

Romain Lambert

Romain Lambert

Membre de Musical Avenue depuis juin 2012, je suis passionné bien évidemment de comédies musicales mais aussi de ballets. Je passe la majorité de mes soirées entre l'Opéra Garnier, Bastille et le Théâtre du Châtelet. Je voue un véritable culte a Stephen Sondheim et j'essaye de chanter "Glitter and be Gay" sous la douche.
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