Critique : "Come From Away" à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal

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Le 11 septembre 2001, le monde entier avait les yeux rivés sur la ville de New York qui venait d’être frappée par de terribles attentats. Alors que l’espace aérien était fermé, des milliers de passagers se sont retrouvés bloqués au sol dans la petite ville de Gander. C’est à eux et à la communauté terre-neuvienne qui les a accueillis qu’est dédiée Come From Away. Une comédie musicale canadienne acclamée autant à Broadway que dans le West End, présentée pour la première fois à Montréal dans le cadre de sa tournée nord-américaine.
L’espoir et la joie au cœur de la tragédie
Avec une histoire aussi émouvante et un sujet aussi délicat, Come From Away aurait pu facilement tomber dans le mélodrame. Bon nombre d’œuvres traitant de ces événements tragiques, tant au cinéma qu’en littérature, nous ont en effet tiré les larmes des yeux. Ce n’est pas le cas avec celle-ci. Pas que les émotions ne soient pas au rendez-vous à plusieurs reprises et que l’angoisse ne soit pas palpable, mais c’est l’espoir qui prédomine. L’espoir de tisser des liens inattendus et de voir jaillir la joie au cœur de périodes particulièrement troublées. 
Come From Away Montréal
Rappelons que la petite ville de Gander (Terre-Neuve au Canada) a vu sa population pratiquement doubler lorsque ces 7000 passagers ont trouvé refuge chez elle. Sa communauté a fait preuve d’un altruisme et d’une solidarité exemplaires, se dévouant corps et âme au bien-être de ces inconnus pendant quelques jours. Des amitiés sont nées, des histoires d’amour aussi. Au milieu de nulle part, entre incompréhension, colère, peine et frustration, des personnes dont les routes ne se seraient jamais croisées ont partagé des instants précieux qui les ont marqués à tout jamais. Come From Away réussit un véritable tour de force : arriver à nous raconter une belle histoire à partir d’une tragédie, le tout avec des pointes d’humour et des anecdotes cocasses.
Synergie et originalité
Ce tour de force, il revient aussi à la formidable mise en scène de la pièce et à la synergie incroyable des artistes. Ils sont 12 à enchaîner de multiples rôles, passant du côté de la communauté de Gander à celle des passagers cloués au sol. Avec comme seul décor quelques tables et chaises, Come From Away parvient habilement à recréer l’univers d’un bar, d’un avion ou d’un refuge ; les excellents jeux de lumières et autres subterfuges scéniques y contribuant. Les chorégraphies sont originales, loin des modèles habituels que l’on voit dans les comédies musicales. La distribution aussi, avec des artistes aux physiques et âges variés, rendant l’histoire encore plus ancrée dans la réalité. 
Come From Away Montréal
Le spectacle (1h40 sans entracte) se déroule ainsi sans temps mort avec de la musique et des chansons entraînantes qui se fondent entièrement au récit. Les musiciens sont d’ailleurs sur scène, se joignant même aux artistes dans quelques numéros en jouant des instruments inhabituels comme de la cornemuse et de la flûte irlandaise. L’intensité est présente du début à la fin, le suspense aussi. Même si on connait tous l’issue des événements, on ne peut qu’être curieux de savoir ce que sont devenues les personnes dont l’histoire véridique est relatée.
Avec son récit bien ficelé, sa mise en scène inusitée et sa coordination admirable, Come From Away est un spectacle qui célèbre la vie. L’énergie de la troupe est communicative et l’atmosphère spéciale si bien recréée. À ne surtout pas rater jusqu’au 1er décembre 2019 si vous êtes de passage à Montréal !
Crédit photo : Matthew Murphy


Come from away, de David Hein et Irene Sankoff (musique, paroles et livret)
Du 26 novembre au 1er décembre 2019 à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal
175 Rue Sainte-Catherine O, Montréal, QC H2X 3X5, Canada

Représentations en anglais
Mise en scène : Christopher Ashley ; Scénographie : Beowulf Boritt ; Costumes : Toni-Leslie James ; Lumières : Howell Binkley, Sons : Gareth Owen.
Avec : Sharone Sayegh, Harter Clingman, Marika Aubrey, Julia Knitel, James Earl Jones II, Kevin Carolan, Andrew Samonsky, Chamblee Ferguson, Nick Duckart, Danielle K. Thomas, Julie Johnson, Christine Toy Johnson.
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Nathalie Katinakis

Nathalie Katinakis

Bercée par les tubes de "Starmania" durant l'enfance, c'est "Cats" qui me donne la piqûre pour de bon quand je me plonge enfin dans son univers en 2010. Dans la foulée, je découvre le West End et rejoins l'équipe de Musical Avenue dès 2011, couvrant les spectacles montréalais depuis le Québec où je réside.FB/IG:@uneportesurdeuxcontinents
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