Critique : "Jack – L'Eventreur de Whitechapel" au Théâtre Trévise

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Inspirée des faits sanglants qui ont ébranlé les bas-fonds de Londres en 1888, la comédie musicale Jack – L’Eventreur de Whitechapel qui se joue au Théâtre Trévise de Paris depuis le 15 janvier dernier propose une plongée sombre et documentée dans le quartier de Whitechapel. Tremblez, spectateurs !
Créé à l’origine par l’atelier-troupe Musidrama, Jack – L’Eventreur de Whitechapel a posé couteaux et scalpels dans l’enceinte du Théâtre Trévise depuis le 15 janvier 2018. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance inquiétante qui entoure l’histoire du mythique tueur en série « Jack the Ripper » a été parfaitement restituée par la mise en scène très sombre de Samuel Sené, fondateur de Musidrama. Ainsi, tout au long du spectacle, le spectateur fait un bond dans le temps pour se retrouver immergé dans le quartier sordide de Whitechapel, antre de tous les vices et excès, où Jack l’Eventreur a sévi en 1888 en massacrant un certain nombre de prostituées. Meurtres, nudité et scènes parfois assez crues, tout y passe et l’on salue en cela le livret de Guillaume Bouchède (Hairspray ; La Famille Addams), assisté de Jean Franco, tout en comprenant aisément pourquoi le spectacle est déconseillé aux plus jeunes !
Au plus près des faits
Cette atmosphère très « dark«  est également renforcée par la partition de Michel Frantz et les paroles de Julien Mouchel, et portée par les onze chanteurs-comédiens et les trois musiciens live (piano, percussions et violoncelle) présents sur scène. Ces derniers nous font vivre l’enquête menée par l’inspecteur Abberline (Jean-Baptiste Darosey) et par son adjoint Morty (Julie Costanza) pour mettre la main sur l’odieux tueur en série, sur fond d’une histoire d’amour fictive entre une prostituée de Whitechapel, Emma (Marion Cador), et Thomas (Alexandre-Jérôme Boulard), un mystérieux américain fraîchement débarqué dans le quartier.

En-dehors de cette romance et des quelques rebondissements fictifs de l’enquête, d’ailleurs très efficaces, le spectacle retrace fidèlement les faits tels qu’ils se sont déroulés à cette époque. L’histoire du quartier de Whitechapel, rongé à cette période par le vice, le crime et l’antisémitisme mais aussi par de fausses rumeurs circulant parmi les gens de la « haute », est ainsi relatée soit de manière directe au travers des dialogues des personnages, soit de manière plus subtile. Les costumes très originaux de Zoé Imbert, par exemple, possèdent tous des motifs de coupures de journaux ; là sur un corset, ici sur une chemise, là encore sur un tablier. Ils rappellent que les crimes de Jack l’Eventreur ont bénéficié à l’époque d’une couverture médiatique sans précédent et fait les choux gras de la presse anglaise et internationale, influençant même parfois le cours de l’enquête.
Effets visuels bluffants
De même, bien qu’un peu répétitives dans leur mise en scène, les scènes des cinq meurtres sont reconstituées dans l’ordre et racontées telles que l’histoire les présente aujourd’hui. Elles sont explicitées et sublimées par les jeux de lumière d’Alexandre Decain et les créations visuelles d’Harold Simon, assez innovantes, qui parviennent parfaitement à combler le peu d’éléments de décors en instaurant une ambiance angoissante… et sanglante !

Du côté de la distribution, Julie Costanza (Quand la Guerre sera finie ; Les secrets de Barbe Bleue) interprète un adjoint Morty hilarant, qui apporte la touche de légèreté qui aurait sinon cruellement manquée au show et déclenche à maintes reprises les rires de la salle. Le potentiel comique de la chanteuse-comédienne est clairement à saluer, et son jeu est parfaitement juste.
Outre les changements de décors assez longs, on regrette en revanche un niveau de chant plutôt inégal, notamment du côté de la distribution féminine interprétant le groupe de prostituées de Whitechapel. L’acoustique des lieux et les nombreux morceaux comportant des harmonies font que, parfois, cela pêche un peu du côté de la justesse et du volume sonore. En revanche, nous avons trouvé les numéros d’ensemble très bons et les comédiens toujours justes dans leur jeu et la dramaturgie.
Alors si vous voulez frissonner face à un spectacle musical globalement de très bonne facture, à défaut de Whitechapel, cela se passe du côté de la rue de Trévise jusqu’au 10 avril prochain !
Crédits photo : Nathalie Robin
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Jack, l’éventreur de Whitechapel
Du 15 janvier au 10 avril 2018 au Théâtre Trévise
14 Rue de Trévise, 75009 Paris

Tous les lundis à 19h30 et les mardis à 21h30
Livret : Guillaume Bouchède et Jean Franco ; Musiques : Michel Frantz ; Lyrics : Julien Mouchel ; Mise en scène : Samuel Sené ; Costumes : Zoé Imbert ; Effets vidéo : Harold Simon ; Chorégraphies : Amélie Foubert ; Lumières : Alexandre Decain.
Avec : Alexandre-Jérôme Boulard, Julie Costanza, Juliette Béhar, Rachel Pignot, Harold Simon, Jean-Baptiste Darosey, Marion Cador, Madline Marbaix, Laura Bensimon, Angélique Rivoux, Sandrine Seubille
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Chloe Enkaoua

Chloe Enkaoua

J'ai trois passions dans la vie : les voyages, les romans de Stephen King et les comédies musicales. En grandissant au milieu de quatre grandes sœurs, j'ai été biberonnée aux films musicaux, de "Hair" à "The Chorus Line" en passant par "West Side Story", "Grease" et "Fame". Depuis 2008 et mon arrivée à Paris pour exercer le métier de journaliste, j'écume les salles de spectacles pour y découvrir les nouvelles comédies musicales à l'affiche. Et lorsque je le peux, celles de Broadway et du West End également !
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