Rencontre avec Nevedya, actrice principale de « Joséphine Baker, le musical »

Joséphine Baker, le musical est de retour à Paris pour quelques représentations seulement. À l’occasion de cette reprise au théâtre Bobino, MusicalAvenue a rencontré Nevedya, l’interprète principale du rôle de Joséphine.

Joséphine Baker le musical est à Bobino en ce moment. Pourrais-tu te présenter ainsi que le spectacle aux lecteurs de MusicalAvenue ?

Nevedya (N) : Je suis chanteuse, comédienne, danseuse, je joue, je chante, je danse avec énormément de plaisir, surtout depuis que j’incarne Joséphine Baker, cette icône et cette femme extrêmement inspirante. Le spectacle Joséphine Baker le musical retrace sa vie de son enfance à sa mort avec les hauts, les bas. Parce qu’elle a eu des très hauts, et des très bas, comme elle le disait elle-même. C’est un spectacle écrit et composé par Jean-Pierre Hadida, mis en scène par Florie Sourice, assistée par sa sœur Anna Sourice, avec des comédiens et comédiennes, danseurs, danseuses exceptionnel.le.s. J’adore partager la scène avec eux et avec elles.  

Le spectacle retrace la vie de Joséphine. Quel est le moment de vie que tu préfères interpréter sur scène ? 

(N) Le moment que je préfère du spectacle ? Il y en a beaucoup que j’adore jouer ! Le moment que je préfère, c’est sans aucun doute le moment de la marche sur Washington. Joséphine Beker était une grande militante pour les droits civiques :  elle a dit ce fameux discours le même jour que le fameux discours du révérend Martin Luther King, « I have a dream ». Donc, je dis son discours, et ensuite, on illustre toute cette marche et l’émotion de ce moment avec une chanson écrite par Jean-Pierre Hadida qui s’appelle « I have a Dream ». C’est un super gospel. Au moment où le comédien qui joue Martin Luther King, Joseph Cange, dit ces mots, « I have a Dream » et que la musique démarre, je suis emportée avec mes camarades sur scène. C’est pour moi très très très très fort.  

Crédit photo : Luc Perin

Est-ce que ta vision du personnage de Joséphine a changé en préparant le spectacle ou en discutant avec Brian Bouillon Baker ?

(N) Déjà ce qui a évolué pour moi, c’est le fait que d’avoir comme consultant historique son fils, donc Brian Bouillon Baker, donne accès à ses moments de vie. Donc, on a encore plus accès à la personne qu’au personnage. C’est ça, pour moi, qui a évolué aussi. Parce qu’on peut lire des tonnes et des tonnes de livres, on en apprend énormément, mais rien à voir avec avoir son fils qui nous raconte des anecdotes un petit peu inédites ! C’est venu dès le casting où Brian Bouillon Baker nous a dit à toutes les candidates : « même si vous n’êtes pas prises, voilà, ma mère vous aurait serré dans ses bras et elle aurait été honorée que vous soyez là pour candidater pour ce rôle. Et elle vous aurait serré dans ses bras, elle vous aurait dit de continuer même si vous n’êtes pas prises ». Au moment où il a dit ça, elle était dans la pièce pour moi, donc on a l’impression parfois qu’elle est avec nous.  

Quel aspect de sa personnalité as-tu souhaité mettre en avant ?

(N) Ce que je souhaite mettre en avant – mais qui est mis en avant de toute façon, dans l’écriture du spectacle –, c’est son côté militant, sa générosité, son humanisme, cela fait écho à mon propre militantisme. C’est pour moi très très important que tous ces aspect de sa personnalité soient mis en valeur dans le spectacle. Parce que, bien sûr, on connaît la ceinture de bananes. Mais depuis sa panthéonisation, de plus en plus de gens ont eu accès à  un autre pan de sa vie : à son militantisme, son humanisme, sa tribu arc-en-ciel, comment elle allait comme ambassadrice, avec ses enfants, montrer que la fraternité est à mettre au premier plan si on veut s’en sortir. Pour moi c’est hyper fort.  

Crédit photo : Luc Perin

Tu interprètes de nombreuses chansons pendant le show. Quel est ton titre préféré et peux-tu nous en faire écouter un extrait ?

(N) Alors on interprète plusieurs titres, des titres connus ainsi des titres inédits écrits et composés par Jean-Pierre Hadida. Mon préféré, j’en ai déjà parlé, c’est sûrement “I have a Dream “et ça fait ça : [elle se met à chanter un extrait]

« I have a dream, j’ai tant rêvé ces mots,

I have a dream, à la couleur de sa peau,

I have a dream, il l’avait dit tout haut,

I have a dream, on serait tous égaux. »

 

Quel message voudrais-tu transmettre pour convaincre les gens de venir te voir à Bobino ?

(N) Pour moi, ce spectacle, c’est un peu l’héritage de Joséphine. Il y a du fun, il y a de l’humour et du militantisme. Il y a de l’amour, beaucoup d’amour : quand on aime, on ne compte pas, et c’est tout ce qu’on dit dans ce spectacle. On essaie d’être fidèle à la belle personne qu’elle était et de transmettre ses valeurs humanistes, donc venez nous voir ! Il y a beaucoup de fun, beaucoup de dynamisme !

Question carte blanche

(N) Qu’est-ce que je souhaite dire de plus ? A force de me plonger dans l’histoire de de Joséphine Baker – parce que sa vie a été tellement remplie, riche que j’en apprends encore tous les jours, même si j’en je commence à en connaître pas mal – je pense que ses valeurs, les valeurs qu’elle a voulu transmettre tout au long de sa vie d’altruisme, d’humanisme, de fraternité, sont des valeurs dont on a énormément besoin en ce moment. On en a toujours besoin, depuis la nuit des temps. Mais je pense surtout pendant notre époque qui est un petit peu floue, où on se sent parfois démunis parce qu’on voit plein de choses qui arrivent et on est bombardé d’informations dans tous les sens et parfois d’informations qui sont très, très dures. Au lieu de se dire qu’on ne peut rien faire, on peut voir que Joséphine Baker, pendant la guerre, où c’était très compliqué – nous, on n’est pas en période de guerre, y en a d’autres qui le sont – pendant la guerre, pendant l’occupation allemande, elle a été très active, elle s’est rendue utile auprès des services de la France libre, de la Résistance. Dans des moments où on a l’impression qu’il n’y a aucun espoir, elle avait de l’espoir et de l’altruisme à revendre et du sourire à revendre, et de l’amour à revendre. Et je pense que toutes ces valeurs-là, c’est des exemples, et ça nous donne du pouvoir pour nous-mêmes, nous sentir un peu plus puissants dans une époque qui peut nous paraître un peu compliquée.

(MA) Merci beaucoup Nevedya !  

(N) Merci ! Venez nous voir, venez partager ce moment avec nous ! On vous attend nombreux et nombreuses, bisous. 

 

Interview réalisée par Luc Perin pour MusicalAvenue.

Et si vous souhaiter joindre l’image aux mots, vous pouvez regarder la vidéo complète de l’interview.

Crédit photo de la photo à la une : André Atangana

Josephine Baker, le musical
Segolene Boulai

Segolene Boulai

Après une enfance bercée par les claquettes de Fred Astaire et la voix de Marnie Nixon, mon amour de la comédie musicale nait lors d'un inoubliable passage à Broadway pour voir "Matilda". Dès la fin du voyage, je me mets à grappiller toutes les informations possibles sur ce genre idéal pour moi qui ne veux pas choisir entre la danse, le théâtre, la musique et le cinéma. L'arrivée à Paris est l’occasion de découvrir la place croissante du spectacle musical en France, au-delà de tout ce que je soupçonnais. Et here I am ! ayant à cœur de partager toujours davantage cette passion, je rejoins l’équipe de Musical Avenue en 2021.
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