Ce dimanche 1er mars 2026, le Carreau du Temple a retrouvé son effervescence coutumière à l’occasion de l’enregistrement public de 42e rue, l’émission musicale de France Musique animée par Laurent Valière. Après six semaines d’absence — le dernier rendez-vous du 11 janvier étant consacré à Monte Cristo, le spectacle musical et à Adèle Berry — le public est revenu en nombre pour assister à une émission entièrement dédiée à la nouvelle production de No, No, Nanette. Un moment festif, à l’image de cette comédie musicale qui fête cette année son centenaire.
Un classique des Années folles remis en lumière
Créée à Chicago en 1924, puis présentée à Paris le 29 avril 1926 au Théâtre Mogador, la comédie musicale de Vincent Youmans s’est imposée pendant des décennies comme l’un des piliers du divertissement musical. Jazzy, élégante et résolument ancrée dans l’esprit des Roaring Twenties, sa partition regorge de standards devenus intemporels, à commencer par l’inusable « Tea for Two », tube international avant même la première du spectacle.
Un siècle plus tard, No, No, Nanette renaît sous l’impulsion des Frivolités Parisiennes, qui insufflent à l’ouvrage une nouvelle vitalité. Sous la direction d’Emily Wilson et Jos Houben, metteurs en scène reconnus pour leur inventivité et leur sens du rythme, cette production revendique à la fois fidélité et modernité.
Comme l’a souligné sur scène le directeur musical Benjamin Pras, la partition est le fruit d’un véritable travail d’orfèvre : « La musique de 1925 n’est pas celle des années 70, lorsque de nouveaux arrangements avaient été écrits. Pour cette production, cinq arrangeurs ont de nouveau retravaillé la matière musicale. »


Un plateau d’exception au Carreau du Temple
Pour cette émission, les Frivolités Parisiennes ne font pas dans la demi-mesure : un orchestre de vingt musiciens investit le plateau, offrant au public le plaisir rare d’entendre en direct la richesse orchestrale de cette partition d’époque. Sous la direction énergique de Benjamin Pras — notamment chef d’orchestre lors de représentations des Demoiselles de Rochefort et pianiste dans La Cage aux Folles — les nombreux numéros et extraits musicaux s’enchaînent, en alternance avec les interviews menées par Laurent Valière.
L’émission s’ouvre en beauté avec un moment instrumental où l’on profite pleinement de l’orchestre, rejoint ensuite par la formidable (« brillante » dira Laurent Valière) Marion Préïté (Contre-temps, Les Funambules, Come From Away) et Loaï Rahman (Les Misérables), qui interprètent « Tea for Two » dans sa version française (tout le spectacle ayant été traduit pour la production de 2026). Une entrée en matière qui se présente comme une évidence pour cette chanson mythique, déjà populaire aux États-Unis dès 1924, avant même que le spectacle ne gagne encore en popularité sur les scènes de Broadway, de Londres et de Paris dans les années qui suivirent.
Au fil de l’émission, les artistes de la distribution se succèdent sur scène : Lauren Van Kempen (Spamalot), June Van Der Esch, Maëva Simonnet, Véronique Hatat, (La Tour de 300 mètres, le musical, Les Producteurs), Arnaud Masclet (Company, Come From Away, Les Misérables) et Ronan Debois, rejoints par les membres de l’ensemble — Enora Veignant, Adrian Conquet, Xavier Ducrocq et Maxime Pannetrat. Tous ont offert un aperçu vivant et enthousiasmant de cette production, mêlant précision vocale, et sens du jeu.
Confidences des artistes sur leur parcours et la façon d’appréhender leur rôle et leurs rapports aux personnages, choix musicaux, anecdotes de création et de mise en scène de Emily Wilson et Jos Houben, retrouvez tout cela, ainsi que les chansons interprétées dans le podcast de l’émission.
Un rendez-vous à ne pas manquer
La comédie musicale sera présentée intégralement en français à partir du 7 mars 2026 à l’Opéra de Reims, avant de partir en tournée à Compiègne, Tourcoing et Paris. Cette nouvelle production promet de redonner tout son éclat à ce classique du répertoire musical.
Pour revivre l’ambiance de cette émission anniversaire et découvrir les confidences des artistes ainsi que les extraits interprétés en direct, le podcast de l’émission est disponible sur France Musique.
Cent ans après sa création, No, No, Nanette n’a rien perdu de son pouvoir de séduction. Une célébration vibrante d’un âge d’or musical qui continue d’inspirer les scènes d’aujourd’hui.
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Crédit photos : Musical Avenue



