Critique : "West Side Story" de Steven Spielberg

60 ans après une première adapatation cinématographique, West Side Story revient sur grand écran, cette fois-ci sous la houlette de Steven Spielberg. Première incursion du réalisateur dans le genre de la comédie musicale, que vaut cette nouvelle version ?

Une nouvelle adaptation, mais pourquoi ?

Qu’il était difficile (voire impossible pour certains) de proposer une nouvelle version du classique qu’est West Side Story tant l’adaptation de 1961 par Robert Wise et Leonard Bernstein reste gravée dans l’inconscient collectif. Comment proposer un regard neuf sur cette histoire connue du grand public tout en l’ancrant dans des thématiques actuelles ? Si la pression sur les épaules de Steven Spielberg était forte, le réalisateur s’en sort admirablement bien en proposant une magnifique réadapatation.

Cela faisait maintenant plusieurs années que le réalisateur souhaitait s’aventurer sur le terrain du film musical, lui qui est passionné du genre depuis toujours (il était notamment producteur de la série Smash diffusée entre 2012 et 2013). Ainsi, quand l’occasion s’est présentée pour lui, il n’a pas hésité une seule seconde. Il souhaite mettre en scène une nouvelle adaptation de West Side Story, lui qui admire autant la version scénique que le film de 1961. Toutefois, il ne souhaite pas faire un simple copier-coller de la précédente version mais bien proposer une nouvelle vision de l’ensemble

Pour ce faire, il s’entoure du scénariste Tony Kushner (avec qui il avait déjà travaillé sur Munich et Lincoln), lauréat d’un Prix Pullitzer, du chorégraphe Justin Peck et de David Newman pour tout ce qui concerne la partie musicale. Spielberg souhaite avant tout rester fidèle au livret original d’Arthur Laurents et choisit de placer son intrigue durant l’année 1957 avec en toile de fond, la destruction des quartiers de Lincoln Height et San Juan Hill dans lesquels évoluent les gangs des Sharks et des Jets. Cela permet ainsi de donner au film une dimension politique et sociale plus fouillée, autorisant le réalisateur à traiter des thématiques comme le racisme, la xénophobie ou encore l’homophobie et la pauvreté.

Mais au final, c’est réussi ?

Steven Spielberg livre, avec West Side Story, un long-métrage à la direction artistique des plus sublimes. Grâce à sa mise en scène soignée, le réalisateur parvient à magnifier les scènes dansées autant que les scènes intimistes entre Marìa et Tony. C’est simple, chaque élément est réfléchi dans ses moindres détails, comme peuvent en témoigner les costumes du film. Ainsi, le chef costumier Paul Tazewell a opté pour des tissus aux couleurs chaudes afin de représenter le soleil et la joie de vivre des personnages portoricains. Au contraire, les costumes des Jets tirent sur le gris, le bleu ou le vert afin de montrer leur appartenance à la ville de New York.

Mais West Side Story ne serait pas ce qu’il est sans les magnifiques chansons du parolier Stephen Sondheim et du compositeur Leonard Bernstein. Réorchestrées par David Newman, elles s’intègrent toutes à merveille dans le long-métrage et réservent même quelques petites surprises. De même, la partie dansée, également importante dans l’oeuvre originale, bénéficie des sublimes chorégraphies de Justin Peck qui parvient à offrir un spectacle de tous les instants notamment lors de numéros de groupes tels que « America » ou même sur des scènes avec peu de personnages comme « Cool ».

Un casting 5 étoiles

Et pour donner vie aux différents personnages de cette histoire, Steven Spielberg s’est entouré d’un casting cinq étoiles. Pour son couple d’amoureux, il fait appel à Ansel Elgort (Baby Driver, Nos étoiles contraires…) et Rachel Zegler, dont c’est ici le premier rôle au cinéma. Les deux comédiens offrent une performance remarquable où leur alchimie fait des merveilles et fait croire à leur couple, notamment durant la fameuse scène du balcon où il sera sans doute impossible de rester de marbre devant leur prestation de « Tonight ».

Autour des deux tourtereaux gravitent également Bernardo, interprété par David Alvarez (Billy Elliot). Grand frère protecteur et leader des Sharks, il n’est pas qu’une simple brute mais bien un homme qui tente d’offrir une vie meilleure à sa famille. Mais Bernardo peut également compter sur sa compagne Anita pour le soutenir à tout moment. Magnifiquement jouée par l’actrice Ariana DeBose (The Prom) qui livre ici une de ses meilleures performances, le personnage d’Anita gagne en tragédie et se révèle être l’un des plus beaux protagonistes du casting.

Du côté des Jets, la performance de Mike Faist (Dear Evan Hansen) n’est pas en reste dans le rôle de Riff. Petite frappe, leader des Jets qui cherche avant tout à protéger son quartier contre les portoricains qu’il voit, à tort, comme une menace. De même, on notera la présence de la comédienne trans Iris Menas qui joue ici le personnage de Anybodys et qui permet à Steven Spielberg d’aborder le sujet de la transidentité sans tomber dans les clichés. Enfin, Rita Moreno retrouve West Side Story plus de 70 ans après avoir interprété Anita pour la première adaptation cinématographique. Ici, l’actrice campe le rôle de Valentina qui remplace le personnage de Doc. Veuve de ce dernier, elle héberge Tony tout en étant son guide et sa confidente. Moreno livre une performance touchante qui ne laissera sans doute personne indifférent.

West Side Story est une véritable déclaration d’amour au cinéma et à la comédie musicale de la part de Steven Spielberg. Bénéficiant d’une direction artistique soignée et sublime, d’un casting cinq étoiles, le film permettra à une nouvelle génération de découvrir cette histoire d’amour intemporelle et ravira les amateurs de l’adaptation originale.

West Side Story – Au cinéma le 8 décembre 2021
Réalisé par Steven Spielberg – Avec : Ansel Elgort (Tony), Rachel Zegler (Marìa), Ariana DeBose (Anita), David Alvarez (Bernardo), Mike Faist (Riff), Rita Moreno (Valentina)

Musique : Leonard Bernstein ; Paroles : Stephen Sondheim ; Scénario : Tony Kushner ; Chorégraphies : Justin Peck ; Montage : Michael Kahn et Sarah Broshar

Florian Guerard

Florian Guerard

Fan Disney et de cinéma, je grandis en Nouvelle-Calédonie jusqu’à mes 15 ans. C’est à cet âge-là que je découvre le monde de la comédie musicale lors d’un voyage à Londres avec Wicked. Pris de passion pour cet univers, je vadrouille entre Paris, Londres et New York pour en voir le plus possible. Pas étonnant donc de me voir rejoindre Musical Avenue en 2021 pour partager cette passion en parallèle de mon activité professionnelle de Community Manager pour Le Petit Prince.
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