“White Christmas”, du film à la comédie musicale

S’il y a une œuvre qui nous transporte instantanément dans la magie de Noël, c’est bien White Christmas. À l’origine, il s’agit d’une chanson écrite et composée par Irving Berlin dont les paroles si populaires sont toujours fredonnées chaque année par des millions d’américains…

Cette chanson a d’abord donné son nom à un film en 1954 devenu bien plus tard une comédie musicale en 2004. Puisque ce thème est plus que jamais de saison, profitons-en pour nous replonger dans l’histoire de cette œuvre populaire, aujourd’hui devenue culte.

 

Le synopsis

Après la guerre, Phil Davis et Bob Wallace, deux soldats démobilisés, décident de s’associer pour monter un numéro de music-hall. Les deux amis créent alors un show télévisé à succès. Un jour qu’ils organisent des auditions, ils rencontrent Betty et Judy Haynes, deux sœurs talentueuses qui charment le duo. Tous les quatre se rendent à Pine-Tree, une station de sports d’hiver où la neige n’est malheureusement pas au rendez-vous cette année là. Ils y reconnaissent leur ancien général devenu directeur de l’hôtel et décident alors de lui venir en aide …

Un succès musical et cinématographique

Tout commence donc par une chanson écrite et composée par Irving Berlin en Californie « White Christmas » qui évoque la nostalgie des noëls enneigés. La chanson prend tout son sens lorsque l’on se souvient qu’elle sort en 1942, au lendemain de l’engagement américain en pleine guerre mondiale. La version originale interprétée par Bing Crosby dans le film L’Amour chante et danse (Holiday Inn) sort ensuite en single. Il est à ce jour le single le plus vendu de toute l’histoire (100 millions d’exemplaires).

En 1953, La Paramount se lance dans un projet de remake d’Holiday Inn reprenant la célèbre chanson d’Irving Berlin dont elle emprunte le titre pour intituler son film. Il faut dire qu’à l’époque Irving Berlin était, ce qu’on appellerait aujourd’hui, une personnalité « bankable » !

Il compose par exemple les titres de films importants dans les carrières de Ginger Rogers et Fred Astaire avec Top Hat ou encore Follow the fleet. Deux films qui ont fait partie des plus gros succès de cette décennie pour la RKO studio, l’un des cinq plus gros studios de l’âge d’or d’Hollywood. La Paramount l’avait bien compris, tout ce sur quoi travaille Irving Berlin devient un succès. Nombreux sont les films qui se sont ensuite réalisés autour des titres des chansons populaires d’Irving Berlin, Easter Parade (1948), Blue Skies (1946) ou encore There's No Business Like Show Business (1954)

Si Irving Berlin ne se fait pas prier pour participer à ce projet de remake, il composera même de nouvelles chansons pour le film. Bing Crosby hésitera pour reprendre le rôle de Bob Wallace. Fred Astaire pressenti pour l’un des rôle principaux songe à cette époque à prendre sa retraite et décline l'offre. Ce sera finalement Danny Kaye qui sera engagé dans le rôle de Phil Davis.

Bing Crosby et Danny Kaye  sur le tournage de

Bing Crosby et Danny Kaye sur le tournage de "White Christmas"

 

Les deux rôles féminins des sœurs Haynes, seront interprétés par la chanteuse Rosemary Clooney et la danseuse Vera Ellen.

 

Vera-Ellen (gauche) et Rosemary Clooney (droite)
En réalité, Vera-Ellen ne savait pas chanter, c’est Rosemary Clooney qui a donc interprété les deux rôles dans le duo

Vera-Ellen (gauche) et Rosemary Clooney (droite)
En réalité, Vera-Ellen ne savait pas chanter, c’est Rosemary Clooney qui a donc interprété les deux rôles dans le duo "Sisters" du film.

La Paramount confie enfin la mise en scène à Michael Curtiz qui termine tout juste son contrat avec la Warner pour le film Casablanca. Le réalisateur n’est pourtant pas un spécialiste de la comédie musicale mais la magie opère. White Christmas est finalement présenté en avant-première le 14 octobre 1954 au Radio City Music-Hall de New York, lieu prestigieux censé valoriser le procédé innovant VistaVision inauguré avec le film. Le film décrochera finalement la première place au box-office la même année.

 

 

Du grand écran à la scène …

 

D'abord intitulée Irving Berlin's White Christmas, la comédie musicale fait sa première à San Francisco, en 2004. Elle partira ensuite en tournée  à travers les États-Unis puis au Canada. S’en suivra deux ans plus tard une nouvelle tournée, cette fois-ci en Angleterre en 2006 où le spectacle tournera pendant 5 ans à Noël dans plusieurs grandes villes anglaises. La comédie musicale s’installe finalement  à Broadway en novembre 2009 au Marquis Theatre pour 53 représentations avec une mise en scène de Walter Bobbie sur des chorégraphies Randy Skinner.

 

Depuis la comédie musicale a fait l’objet de nombreux revival dont le dernier en date s’est joué à Londres en décembre 2019 dans l’immense Dominion Theatre.

 

Une remarquable production dirigée par Nikolai Foster et chorégraphiée par Stephen Mear (ndlr chorégraphe de Funny Girl au Théâtre Marigny à la même époque l’année dernière) avec une distribution de haut vol,

Dan Burton (Gypsy-Savoy Theatre, Singin’ in the rain-Théâtre du Chatelet) et Danny Mac (Sunset Boulevard-Leicester Curve et UK Tour, On the town-Regent’s Park Open Air Theatre) respectivement dans les rôles de Phil Davis et Bob Wallace. Enfin, pour les rôles des sœurs Haynes, c’est Danielle Hope (Les Misérables-Queen’s Theatre,The Wizard of Oz-London Palladium) qui incarnait Betty et Claire Halse (Guys and Dolls-Théâtre Marigny, 42nd Street-Theatre Royal Drury Lane) dans le rôle de Judy.

 

White Christmas représente sans aucun doute l’une des plus belles sources d’évasion en cette période festive. De quoi nous redonner le sourire et nourrir notre âme de la brillante musique d'Irving Berlin et du merveilleux scénario de David Ives et Paul Blake !

 

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